Mes réponses

Éloge de la soumission

Vous connaissez tous le fameux mythe de Sisyphe ? (Le mythe de Sisyphe)

Cet homme qui a été condamné à rouler éternellement un énorme rocher en haut d’une montagne.

Tel est mon sentiment ces dernières semaines.

Je découvre une partie de moi-même, une faille, une vulnérabilité. Je la travaille, j’essaie de l’accepter, de l’intégrer, de la soigner et au bout de quelques mois, ça va mieux. Au bout de quelques années, ça va..

Et voilà qu’au détour d’une aventure, au hasard d’une rencontre, la revoilà qui revient, avec son lot de douleur, de doutes et de souffrance..

Malgré toute l’énergie que j’ai fournie en travail, en exploration, en soins, cette blessure est encore là, béante!

Cela me met dans un désespoir sans nom. Une détresse existentielle profonde. Je suis face à l’absurde et même mes mantras (Une vie sans souffrance?) ont du mal à me sortir de cette souffrance.

Des années de thérapies et d’apprentissage sur l’humain et je suis encore dans cette vulnérabilité-là ?!! Je n’en peux plus.

Les conseils des amis, les sorties, les distractions, tout cela ne fait que m’enfoncer un peu plus dans le désespoir. Ce ne sont que des paradis artificiels, dans lesquels j’essaie d’oublier mon enfer quotidien.

Je me retrouve comme Sisyphe, en haut de la montagne, pris en tenaille entre l’épuisement et le désespoir.

L’épuisement de ressasser, de vivre, de ressentir, toujours,  la même douleur. Le désespoir de l’histoire qui se répète, du cercle vicieux, de l’absurdité de la vie.

Camus dans son livre Le mythe de Sisyphe, et face à l’absurdité de la vie, suggère la révolte. Mais comment se révolter contre cela? Contre ma condition même?

Mon cerveau et ma conceptualisation ne peuvent pas m’aider face à cela. Car la question de la révolte face à l’absurde, qui est l’essence même de ma condition, est un serpent qui se mord la queue. La source même de ma souffrance.

Pour le moment, je suis en haut de cette montagne, je regarde ce qui se passe autour de moi. L’espace d’un instant l’envie de reprendre le travail me submerge, l’instant d’après, j’ai envie de renoncer, et j’observe tous ces mouvements-là qui se passent en moi.

Que c’est dur de vivre. Vivre. Juste vivre. Etre, juste être. Avec la tristesse. Avec la colère. Avec la douleur. Avec la joie. Juste vivre. Rien que vivre. Juste être, rien qu’être.

Sans se juger sur son inaction, sans se révolter contre son sort. Juste se soumettre à ce que l’on est. Ce que l’on est là, maintenant, tout de suite.

Que c’est dur, la soumission à soi. Et paradoxalement, que c’est bon!

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